Etapes pour explorer une protéinurie

Ces recommandations sont issues du consensus de l’ACVIM – Lees et coll., J Vet Intern Med, 2005, 19, 377-385.

  1. Exclure les protéinuries post rénales extra-urinaires en faisant un prélèvement par cystocentèse.
  2. Exclure une protéinurie pré-rénale en évaluant la protidémie plasmatique
  3. Chercher une protéinurie post-rénale « urinaire strict» en mettant en évidence des signes d’inflammation ou d’hémorragie avec ou sans des signes cliniques d’atteintes urinaires (ex : pollakiurie) mais sans signe clinique apparent de néphrites.
  4. Pour s’orienter vers une protéinurie pathologique interstitielle rénale, il faut mettre en évidence des signes d’inflammation associés à des signes cliniques de néphrite active (reins douloureux à la palpation, fièvre, IR).

Si la protéinurie est « urinaire » mais non associée à un sédiment urinaire actif (inflammation, hémorragie), il reste 3 possibilités :

  • soit la protéinurie est fonctionnelle rénale : elle est faible et transitoire
  • soit la protéinurie est pathologique et tubulaire : elle est faible mais persistante (parfois associée à de la glucosurie, une excrétion anormale d’électrolytes)
  • soit la protéinurie est pathologique et glomérulaire : elle est faible ou au contraire très importante, et elle est persistante.

 

  • On s’oriente vers une protéinurie rénale pathologique glomérulaire si RPCU > 2 (très élevé).
  • On s’oriente vers une protéinurie fonctionnelle si son importance est faible et que des tests répétés à 15 jours d’intervalle ont montré son caractère transitoire.
  • On s’oriente vers une protéinurie rénale pathologique glomérulaire ou tubulaire si la protéinurie est moyenne à faible mais est persistante (après avoir fait des tests répétés à 15 jours d’intervalles). Souvent ces deux types de protéinurie sont difficiles à distinguer.

Quelques remarques synthétiques:

Chez le Chien

Protéinurie persistante avec RPCU > 2 => atteinte glomérulaire

Animal IR avec RPCU > 1 => Risque accru de crise urémique, de morbidité et de mortalité.

RPCU > 0, 5 répété 3 fois à 15 jours d’intervalle => protéinurie persistante qui ne peut pas être attribuée à une cause pré ou post-rénale.

Microalbuminurie répétée 3 fois à 15 jours d’intervalle => protéinurie persistante ne pouvant être attribuée à une cause post-rénale.

Chez le Chat

RPCU > 1 => forte suspicion de maladie glomérulaire (pratiquement toujours <2) mais rencontré aussi lors de phase avancée d’IRC.

Chez un animal IRC, plus bas est le RPC, meilleur est le pronostic (même pour un RPCU dans les valeurs usuelles) ; même observation chez des chats non azotémiques.

RPCU > 0, 5 ou microalbuminurie répété(e) 3 fois à 15 jours d’intervalle => protéinurie persistante qui ne peut pas être attribuée à une cause pré ou post-rénale.

Evaluation de la protéinurie

(voir l’article La protéinurie: comment la détecter ?)

Interprétation RPCU

Chez le chien, besoin d’une variation d’au moins 40% du RPCU pour interpréter.

Chez le chat, besoin d’une variation d’au moins 90% du RPCU pour interpréter.

 

Recommandations lors de protéinurie persistante

Chez des animaux non azotémiques :

            Monitorer si microalbuminurie ou si RPCU > 0,5

            Investiguer si 1< RPCU < 2

            Intervenir si RPCU > 2

Chez des chiens azotémiques

            Monitorer et investiguer si RPCU < 0,5

            Intervenir si RPCU > 0,5

Chez des chats azotémiques

            Monitorer et investiguer si RPCU < 0,4

            Intervenir si RPCU > 0,4

Monitorer : répéter les tests pour mettre en évidence une évolution de la protéinurie avec le temps.
Investiguer : utiliser des examens complémentaires afin de découvrir une maladie systémique sous jacente (infectieux, inflammatoire, tumoral) ou de découvrir un animal insuffisant rénal.
Intervenir : mettre en place une traitement diététique et/ou médical pour ralentir l’évolution de la maladie.